Pourquoi et comment passer à un maquillage naturel et écologique

Pourquoi passer à un maquillage plus respectueux de l’environnement et de ma santé ?

Lors de mes conférences, ateliers et passages dans les médias, vous êtes nombreux à me poser la question du maquillage. « Un maquillage zéro-déchet, ça existe ? », « Faites-vous votre maquillage maison ? », « Des ingrédients potentiellement cancérogènes dans le maquillage, c’est une réalité ? ». Voici donc un article pour répondre, en 14 points, à ces questions et vous donner les conseils, bonnes adresses et produits que j’utilise personnellement pour éviter les dangers environnementaux et sanitaires de la plupart des maquillages :

1- Mettre du rouge à lèvres classique tous les jours revient à ingérer environ 1kg de pétrole raffiné tout au long de sa vie !

Tout comme la vaste majorité des baumes à lèvres non certifiés biologiques, la plupart des rouges à lèvres sont principalement composés d’huiles minérales, un dérivé du pétrole.

2- Plus de 70% des cosmétiques vendus sur le marché contiendraient au moins un ingrédient problématique pour l’environnement ou la santé.

Conservateurs, colorants, texturants, parfums de synthèse, … Les perturbateurs endocriniens (substances perturbant le système hormonal du corps et pouvant ainsi augmenter les risques de cancers, d’infertilité, de problèmes de la thyroïde, notamment) sont monnaie courante dans notre maquillage.

3- La couleur rouge de nombreux rouges à lèvres, fards à paupières, blushs et crayons à lèvres provient d’insectes ébouillantés.

La femelle cochenille, un insecte à l’aspect d’une puce, contient en effet une substance au fort pouvoir colorant. La fabrication de ce rouge carmin, certes dit « naturel », se révèle cruelle, puisqu’elle se fait souvent en plongeant les cochenilles vivantes dans une eau bouillante. Ce colorant se retrouve d’ailleurs également dans de nombreux aliments (yaourts, confitures, jus de fraises, bonbons, pâtisseries, …), sous l’appellation E120. Dans votre maquillage, ce colorant dit « carmin » sera inscrit sous les noms « CI 75470 » ou « carmine red » dans la liste des ingrédients. Sachez que les maquillages certifiés végans (c’est-à-dire sans ingrédients issus des animaux) n’en contiennent jamais.

4- Le « greenwashing » (ce marketing qui fait passer un produit pour écologique alors qu’il ne l’est pas) est très courant dans les cosmétiques.

Une boite de couleur verte, une photo de fleurs ou de feuilles, une mention type « aux extraits naturels » ou encore un ingrédient végétal et naturel mis en avant (l’aloe vera, par exemple) ne sont absolument pas un signe que votre maquillage est sain et naturel !

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5- Les maquillages dits « sans » ou « 0% » ne sont pas pour autant sans dangers pour la santé.

L’absence de parabène ou de silicone par exemple, n’exclue absolument pas la présence d’autres ingrédients tout aussi nocifs. Cette mention marketing ne vous apporte donc pas vraiment de garantie.

6- Le maquillage de grandes marques de luxe n’est pas nécessairement plus sain.

Un prix très élevé et une marque mondialement reconnue… On pourrait penser à un produit noble et sain. Et pourtant, la liste des ingrédients de beaucoup de ces cosmétiques révèle des dérivés de pétrole, des substances controversées pour la santé, etc. De même pour les cosmétiques venus en pharmacie.

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7- La peau est un organe à part entière, qui peut être traversé par les produits qu’on y applique.

Les ingrédients présents dans votre maquillage, appliqués toute la journée directement sur la peau, peuvent donc la traverser et ainsi se retrouver dans votre organisme. Il est donc primordial de bien choisir son maquillage.

https://www.youtube.com/watch?v=-dhkW8jO8iU

Alors quel maquillage choisir ?

8- J’opte pour la Slow Cosmétique !

Le mouvement Slow Cosmétique, lancé par l’association belge éponyme (en savoir plus ici), défend des cosmétiques sans dangers pour la santé, le plus respectueux possible de l’environnement et sans marketing trompeur. Parce que, bonne nouvelle, c’est possible ! Voici toutes les solutions pour un maquillage Slow Cosmétique au quotidien :

9- J’achète toujours du maquillage certifié biologique ou, encore mieux, certifié Slow Cosmétique.

L’appli Composcan vous indique le niveau de dangerosité des composants de vos cosmétiques.

Le label biologique garantit en effet l’absence de dérivés de pétrole (silicones, huiles minérales, polymères, …) et de certains perturbateurs d’hormones dangereux pour la santé. Encore mieux, la mention Slow Cosmétique, va encore plus loin et exige des critères plus stricts relatifs à l’impact environnemental et sanitaire du produit, mais aussi l’absence de marketing excessif et trompeur et au fonctionnement de l’entreprise elle-même.

Vous pouvez également vous aider de l’appli Composcan pour choisir vos cosmétiques. L’appli scanne le code-barres de votre produit et vous indiquera s’il contient des ingrédients à éviter ou non.

10- Je m’assure de l’absence d’ingrédients d’origine animale

Des colorants issus d’insectes ébouillantés (voir point 3 ci-dessus), des graisses animales de bœuf, du collagène de porc ou encore du squalène issu de foie de requin… dans mon maquillage ? Non merci ! Pas besoin de ces ingrédients aux conditions de fabrication peu appétissantes et désirables. Les marques de maquillage certifié « vegan (au résultat esthétique souvent tout aussi plaisant que celui du maquillage classique) n’ont pas recours à ces ingrédients animaux.

11- J’opte pour le maquillage rechargeable

Vous vous êtes toujours dit que jeter le tube ou la boite entier/ère de votre maquillage lorsqu’il est vide était un vrai gâchis ? Pour réduire ces déchets évitables, certaines marques proposent du maquillage rechargeable, comme ces rouges à lèvres, ce mascara ou ce fond de teint ! Vous pouvez principalement les trouver en épicerie zéro-déchet (comme les épiceries Day by Day) et sur le site internet des artisans Slow Cosmétique.

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12- J’adhère aux cotons démaquillants lavables

 

Là aussi, pour une solution simple et efficace pour réduire ses déchets, remplacez vos cotons à usage unique par des cotons démaquillants lavables. Une astuce écologique ET économique, puisqu’un seul coton lavable remplacera environ 500 cotons jetables ! Si vous en utilisez plusieurs par jour, optez plutôt pour la version sous forme de grande lingette ou de gant, plus facile et rapide à laver. Vous pouvez en acheter dans certains magasins biologiques, dans des épiceries zéro-déchet ou sur le site Slow Cosmétique ou My Wonderful Kids.

13- J’opte (aussi) pour le fait maison ultra simple

Les cosmétiques faits maison  sont souvent une bonne solution pour s’assurer des ingrédients non toxiques des produits de notre quotidien. Mais attention à ne pas opter pour des recettes très longues, complexes, nécessitant du matériel (thermomètre, bain-marie, …) ou des ingrédients chers et difficiles à trouver en magasins classiques. Pour des cosmétiques faits maison et vraiment écologiques et économiques, je choisis toujours des recettes très simples et courtes, comme la suivante :

Recette de démaquillant yeux et visage (pour maquillage waterproof ou non)

Ingrédients :

  • Eau florale de bleuet biologique (en vente dans tous les magasins biologiques et dans de grandes parapharmacies);
  • Huile certifiée biologique de noisette, amande ou sésame (achetée au rayon huiles et vinaigres).

Récupérez un flacon ou une petite bouteille et nettoyez-le/la soigneusement. Remplissez la moitié d’eau florale de bleuet et l’autre moitié de votre huile… C’est tout !

Secouez bien le flacon avant chaque utilisation.

Cette recette est issue de mon livre « Zéro plastique zéro toxique » (Ed. Thierry Souccar) !

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14- Mon conseil : ne cherchez pas à tout faire maison !

A la différence du déodorant ou du baume à lèvres par exemple, le mascara, le rouge à lèvres, le fond de teint et autre maquillage sont très complexes à faire soi-même. Dans ce cas, leur fabrication maison serait, qui plus est, souvent plus chères et (le comble) pas si écologique (notamment en raison du matériel et des ingrédients emballés en petits conditionnements que vous auriez besoin d’acheter). Je privilégie donc plutôt le maquillage certifié biologique (et si possible Slow Cosmétique), qui m’apporte déjà de nombreuses garanties tant sur le plan environnemental que sanitaire !

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